Je crois que pour moi, une pièce et un meuble constituent à eux seuls une maison : la cuisine et la bibliothèque.
Depuis toute minote, j’ai la chance d’avoir des livres, des livres partout. J’aime les étagères qui croulent, je lis tout le temps, très vite, et partout : et j’aime l’objet-livre, que je maltraite un peu, que je trimballe, que j’écornifle à loisir dans le tram, en voiture (place passager), sur les bancs, dans les files d’attente, dans mon lit, en me brossant les dents et en attendant que ça mijote … Je relis beaucoup aussi, les inoubliables qu’on redécouvre à chaque fois, et les livres-kleenex qui reposent et rassurent pendant les insomnies …
Autant dire que la tendance est plutôt à l’accumulation qu’au désencombrement. Sauf que, séduite par l’idée d’une bibliothèque qui ne contiendrait que des livres que j’aime vraiment (ce qui, comme je suis snob, exclut les Weber, mais comme je suis une grande petite fille, inclut certains Stephen King), et aussi par le gain de place, je vais laisser une bonne partie de mes livres s’envoyager. Certains par le bookcrossing, d’autres via un Grand Don (le prochein à Toulouse a lieu le 23 juin, je me dépêcherai), d’autres en les laissant traînerdans mes toilettes sur l’étagère “servez-vous” …
Comme je sais déjà que je n’aurai pas le temps ni le courage de vous mettre la liste ici, j’essaierai de faire une photo de la PAD (pile à donner) pour vous donner (justement !) une idée.
Bon, yapuka …
isolde a dit,
juin 7, 2007 @ 2:31
Pas facile de se débarrasser de ses livres. Autant je le fais sans complexe dans mon travail (traitant le livre comme le support dégradable d’une oeuvre immatérielle reproductible), autant c’est difficile chez moi. Sans doute parce que dans 90%, quand j’achète un livre, c’est pour le garder vraiment.
Maintenant que je vieillis (!), je me rends compte que certains correspondaient à une époque de ma vie révolue : qu’en faire ? Les garder pour mes futurs enfants, en espérant qu’ils correspondront aussi à une époque de leur vie ? Les donner ? Oui, mais, ils m’ont construite, ceux-là : construction de mon imaginaire, ressenti de certaines émotions…
J’ai un tri à faire : déjà les 10% achetés “pour passer le temps” dans les trains. Pour les autres, on verra.
Mary a dit,
juin 7, 2007 @ 2:32
Bonjour Pistil,
Moi aussi, vivant dans un studio de 28m², ma bibliothèque tenait la moitié de mes murs… Il y avait plus de place pour mes livres que pour mes invités.
Et un jour, j’ai tout mis dans des caisses, je n’ai garder qu’une dizaine d’essentiels. Sur le coup, j’ai ressenti du soulagement… Mais avec le temps, ça me donne un gros problème de conscience. J’ai envie de lire, de m’acheter des livres, mais je ne veux pas pour ne pas réencombrer ma bibliothèque…. Ce qui fait que je tourne en rond avant de m’acheter un livre, je n’achète plus, je ne lis plus.
Je sais qu’il existe les médiathèques pour emprunter des livres, mais je fonctionne beaucoup à l’affectif, je m’attache facilement à l’objet livre… Alors je suis dans un cercle vicieux du “ne rien faire plutot que d’avoir à défaire”, ce qui est assez frustrant pour moi.
J’espère que tu sauras, contrairement à moi, éviter les pièges du désencombremet.
Biz
Mary
Caco a dit,
juin 7, 2007 @ 8:33
Chez moi, la grande majorité des livres sont en transit. Une fois l’ouvrage lu, j’ai souvent le sentiment que je conserverai pour toujours la substantifique moëlle. Ou alors que le livre a été un agréable, intéressant ou mordant compagnon de voyage. Il en reste quelques-uns pour qui j’ai le sentiment qu’ils ont encore quelquechose à me dire…
Je ne garde que ceux-là. Les autres vont aux personnes qui, d’après ce que j’en ressens, les apprécieront, ou bien je les propose à la bibliothèque, ou encore je les donne à Emmaüs.
Depuis quelques mois nous achetons quelques beaux livres que nous conserverons longtemps je pense. Ce qui se pose là en terme de “moins de biens”
Je crois que j’ai besoin que mes yeux se posent sur du beau, à chaque fois que j’en ressens le besoin. On verra bien où cela mènera ma bibliothèque. A mon avis, pas trop loin non plus, quand même…
(Je suis très heureuse de te lire, toi
)
Apprentie a dit,
juin 8, 2007 @ 1:18
Bonjour Pistil,
Désencombrer ma bibliothèque est une chose que je n’aurais jamais cru possible d’envisager, il y a encore très peu de temps. Je commence tout doucement en ayant mis en vente quelques livres sur amazon, mais ça ne part pas très vite
Merci pour le lien du Bookcrossing, j’ai découvert que quelqu’un libérait régulièrement des livres au bout de ma rue!
Pistil a dit,
juin 11, 2007 @ 10:06
Isolde : Ces livres-là, qui m’ont “construite”, je sais déjà que je les garderai … comme on garde un journal intime qu’on ne relira jamais, ou alors un sourire mi-narquois mi-attendri au coin des lèvres …
Mary : Coucou, heureuse de te voir, j’espère que ta pause bloguesque te fait du bien (… et que tu nous reviendras, mais je sais pas s’il faut le dire !). Merci pour l’expérience. Depuis un an, j’apprivoise les médiathèquues et commence à me détacher de la possession de l’objet. il n’empêche que mes essentiels tourneront plus autour de la cinquantaine ou de la centaine je pense …
Caco : Ce que tu me dis là : “Il en reste quelques-uns pour qui j’ai le sentiment qu’ils ont encore quelquechose à me dire…”, ça me fait énormément penser à quelque chose que j’ai lu ce week end (pas le bouquin sous la main, mais je retrouverai). Pour moi, une vraie oeuvre, c’est justement ça. Elle a toujours quelque chose à me dire.
Apprentie : Bonjour et bienvenue ! Ravie que tu découvres le bookcrossing. Ton blog est dans mes fils rss.